Waste Warriors : d’aliments ‘rejetés’ à aide indispensable

Chaque année en Belgique, des tonnes de fruits et légumes parfaitement comestibles disparaissent avant même d'arriver dans les rayons des magasins. Trop petits, trop gros, trop tordus – et donc rejetés. Parallèlement, les Banques Alimentaires voient leurs ressources diminuer, rendant toujours plus difficile la réponse à la demande croissante d’aide alimentaire. Deux défis qui, selon Thomas Schiltz, se rejoignent naturellement.

Avec Waste Warriors, Thomas a rapidement mis sur pied une organisation qui sauve les surplus alimentaires chez les agriculteurs et leur donne une nouvelle destination : via des consommateurs qui viennent les récupérer, sous forme de produits transformés, et par le biais des Banques Alimentaires.

« On associe souvent le gaspillage alimentaire à ce que l’on jette chez soi ou au supermarché », explique-t-il. « Mais le problème commence bien plus tôt – dans les champs, avant même que les consommateurs ne puissent choisir. »

L'esthétique comme critère de gaspillage

En raison de normes esthétiques, des tonnes de fruits et légumes sont rejetées directement après la récolte. « Pour certaines cultures, cela représente systématiquement 10 à 15 %. Pour d'autres, comme la patate douce, cela peut aller jusqu’à 40 % », explique Thomas Schiltz. Les patates douces doivent en effet peser entre 200 et 600 grammes. Tout ce qui sort de cette fourchette est éliminé. Les brocolis, eux, doivent tous avoir exactement le même poids – 400 grammes – afin de pouvoir être scannés à l’unité. Résultat : des légumes parfaitement comestibles qui n’atteignent jamais les rayons des magasins.

« Ces aliments ont été cultivés pour la consommation humaine », souligne Thomas Schiltz. « Cela représente un coût écologique et humain considérable. Et pourtant, ils finissent souvent comme nourriture pour le bétail ou sont enfouis dans le sol. À ces fruits et légumes écartés s’ajoutent encore les surplus ‘classiques’ que l’on observe chaque année. Et cela alors que les Banques Alimentaires sont sous forte pression : le gouvernement fédéral a opéré une coupe sévère dans le budget consacré à l'achat de denrées alimentaires, réduisant ainsi de quelque 10 millions d'euros les fonds disponibles pour l'aide alimentaire. Un contraste saisissant – et c'est précisément là que nous voulons faire la différence. »

Une action à impact

Waste Warriors veut prouver qu’une autre voie est possible, sans pointer du doigt. « Nous ne voulons culpabiliser personne. Ni les agriculteurs, ni les supermarchés, ni les consommateurs. Ce que nous faisons, c'est montrer que ces fruits et légumes ont, eux aussi, leur place dans notre chaîne alimentaire. »

Cela passe par le biais d'actions de collecte bien visibles dans les champs, par la vente de produits transformés tels que pâtes à tartiner et jus, ainsi que par des dons aux Banques Alimentaires. Toujours avec le même principe : assurer une rémunération équitable aux agriculteurs, et offrir une destination digne à ces aliments. « Tout cela est rendu possible grâce à notre communauté – les membres qui commandent périodiquement la Waste Warrior Box. C’est grâce à leur engagement que nous pouvons acheter les surplus alimentaires et en faire don à grande échelle. »

Les Banques Alimentaires comme partenaire

La collaboration avec la Fédération belge des Banques Alimentaires est le fruit d'une longue recherche. « La distribution alimentaire en Belgique est complexe », explique Thomas Schiltz. « Je me suis rapidement heurté à des limites logistiques. Il existe de nombreuses petites associations qui fonctionnent de manière autonome, et on ne peut tout simplement pas effectuer des livraisons séparées de petites quantités à chacune d’entre elles. »

Grâce à la Fédération, nous avons pu atteindre l'échelle et la structure nécessaires pour redistribuer rapidement et efficacement de grands volumes. Les fruits et légumes sont préparés sur palettes directement chez le producteur, puis récupérés par les Banques Alimentaires régionales, qui les redistribuent aux associations partenaires. Rien que l’an dernier, Waste Warriors a ainsi fait don d'environ 56 000 kilos de fruits et légumes aux Banques Alimentaires. Environ un tiers de tout ce que l'organisation a réussi à sauver a ainsi trouvé une destination sous forme d’aide alimentaire.

« C'est pour nous un volet essentiel du projet », affirme Thomas Schiltz. « Surtout à l'heure où les Banques Alimentaires peuvent acheter moins de produits en raison des restrictions budgétaires, il serait absurde de laisser perdre autant de nourriture fraîche. »

De surplus à potentiel

Ce qui distingue Waste Warriors, c'est que l'organisation achète effectivement les fruits et légumes aux agriculteurs, même lorsqu'ils sont destinés au don. « Les agriculteurs fournissent un travail : récolter, trier, laver, emballer », explique Thomas Schiltz. « On ne peut pas leur demander cela sans contrepartie. Nous ne payons pas des prix élevés, mais suffisamment corrects pour que cela reste intéressant pour eux. Et cela, grâce au soutien de nos membres. »

Cette approche rend le modèle viable, même à plus long terme. Elle permet également aux agriculteurs de ne plus considérer leurs surplus comme une perte, mais comme un flux à potentiel.

Aujourd'hui, Waste Warriors s’attelle, avec l’organisation sœur néerlandaise No Waste Army, à la gestion de 916 000 kilos de surplus : des volumes bien réels qui leur ont été signalés et pour lesquels une solution est recherchée. En unissant leurs forces, notamment via la production conjointe des box alimentaires, elles peuvent réduire les coûts et augmenter les volumes traités.

« Le gaspillage alimentaire ne s'arrête pas à la frontière », explique Thomas Schiltz. « Alors pourquoi le ferions-nous ? »

Un nouveau regard sur les denrées alimentaires

L'impact de Waste Warriors ne se mesure pas seulement en kilos sauvés, mais s’exprime aussi dans sa vision de la chaîne alimentaire. « Nous avons tous grandi avec l’idée que les légumes devaient être ‘beaux’ », explique Thomas. « Mais au final, on les coupe tous en morceaux. Donc, en fait, ça ne change rien. En réunissant les consommateurs, les agriculteurs et les Banques Alimentaires, on crée une chaîne alimentaire qui gaspille moins et place la solidarité au cœur du système. Une vision dans laquelle je me reconnais pleinement. »

Moins de gaspillage, plus de partage : découvrez les Waste Warriors!

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